De la difficulté de trouver des couvertures de livres qui représentent bien les femmes.

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Hello,

Je me suis rendue compte que j’avais traduit cet article en français, mais que je ne l’avais pas encore posté ! Parfois, j’aime me rappeler mes études sur l’Image de la femme dans les médias ou encore The Female Gaze

Quand on est auteur.rice indé, on doit faire beaucoup de choses par soi-même. Trouver la couverture parfaite est l’un de nos pires cauchemars – à moins d’être très doué en graphisme.

Et quand on ne l’est pas, il reste quelques solutions : les pre-made covers, soit des couvertures déjà réalisées dont certaines sont à des prix abordables (car l’autoédition peut vite représenter un certain budget), ou s’essayer à la conception soi-même.

Quand la deuxième solution s’avère trop compliquée, on se tourne donc vers la première. Le problème va être de trouver LA couverture qui correspond à votre histoire.

Si votre roman est un thriller dont le personnage principal est une femme rousse de 40 ans alors que toutes les couvertures ne proposent que des hommes ténébreux, ça va être compliqué.

Et justement, comme je ne mets que des héroïnes badass en avant, à chaque fois, c’est le parcours de la combattante.

Tout d’abord, on regarde un peu ce qui se fait dans différents genres : fantasy, thriller, drame, chick-lit, etc. Il y a de très belles choses, dignes des plus grandes maisons d’édition. Il n’y a rien à redire là-dessus.

Cependant, un petit relooking féministe s’impose !

Les sempiternels stéréotypes sont toujours bien ancrés (malheureusement) : les « vraies » femmes doivent porter de longues robes flottantes et des talons hauts. Bien sûr, il n’y a rien de mal à ça, chacune s’habille comme elle le souhaite. Mais c’est oublier que toutes les femmes ne s’habillent pas de cette manière, et celles-ci ne sont quasiment pas représentées.

Les modèles qui posent pour ces photos ont toujours l’air fragile, doivent prendre des poses ridicules que personne ne prendrait dans la vraie vie.

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(Vous faites souvent ça en attendant le bus ?)

Vous savez les filles qui tiennent leur épaule dénudée tout en regardant au loin pour avoir l’air vulnérables et passives ? Elles ont toutes l’air d’être en attente du Prince Charmant ou du prochain bad boy qui passera leur temps à les stalker (Dites non au syndrome de Stockholm !).

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(Oui celle-ci, vous la connaissez sûrement !)

Et ça, c’est quand les modèles ne sont pas nus en s’offrant au regard masculin (le fameux male gaze en anglais), ou encore pire : simplement des cadavres ou des fragments (https://emmaclit.com/2016/09/28/le-regard-masculin/). Oui, car dans le genre policier, le meurtre à résoudre sera à 90% du temps celui d’une femme (enfin bref, c’est une autre histoire).

C’est incroyable de voir à quel point les personnages masculins ne sont pas traités de la même manière, tout comme à la télé ou dans les films, ou dans tout autre média.

Avez-vous déjà vu une affiche ou une couverture montrant un homme en train de se tenir l’épaule avec un regard triste, attendant patiemment la femme de ses rêves ? On attend toujours !

Par exemple, pour mon premier roman, je cherchais des guerrières avec des costumes réalistes et pratiques. Mais tout ce que j’ai trouvé, ce sont deux femmes hypersexualisées qui portaient le même genre d’accoutrement que ceux que l’on peut voir sur le site The Hawkeye Initiative (http://thehawkeyeinitiative.com/).

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(Les mecs sont bien couverts pour être protégés au combat. Mais pas Wonder Woman ?)

Ensuite, j’ai cherché une jeune femme déterminée d’origine mexicaine, qui, de plus, est policière, mais je n’ai trouvé que deux femmes hispaniques (oui, car il y a aussi un manque de diversité) : une qui était sexy et passive, allongée sur un lit et mettant ses atouts en avant au cas où l’on n’aurait pas compris, et une autre qui était en train de pleurer.

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(Pourquoi tu fais ça ?)

Pour un autre livre, je cherchais une femme ronde bien dans sa peau, mais comme la grande majorité des mannequins sur les photos sont grandes et minces, rien ne collait. Ou les rares modèles plus size que j’ai pu trouver étaient également passives et/ou hypersexualisées ce qui n’était pas du tout le propos de mon récit.

Representation matters comme on dit : la représentation, c’est important !

Dans notre société où nous sommes assaillis de publicités, d’images, de vidéos, nous avons besoin de voir des personnages qui nous ressemblent. Si tous les acteurs ou toutes les chanteuses ont des physiques de top-modèles (ce qui a été le cas pendant longtemps), il est normal que l’on se retrouve tou.te.s avec de tels complexes.

Nous avons besoin de visuels plus divers. Nous avons besoin de femmes qui ne pleurent pas, qui n’ont pas peur, qui ne sont pas poursuivies dans des ruelles sombres.

Nous avons besoin de femmes qui soutiennent le regard, qui se sentent bien dans leur peau et nous le montrent grâce à des poses plus neutres et affirmées – pas des poses suggestives. Des femmes qui portent de vrais vêtements et non des armures-bikinis. Et surtout, nous avons besoin de morphologies différentes !

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(Faith comics).

Ça vaut aussi pour les hommes bien sûr, car en feuilletant toutes ces photos ou illustrations, les « standards » imposés par la société les touchent tout autant. Un héros doit être hyper-bodybuildé, muscles saillants. Pour être un « vrai mâle », il faut ressembler à The Rock (le gars est très sympa, c’est pas sa faute si la société l’a choisi).

Mais en réalité, il ne devrait pas y avoir de standards. Juste de la diversité pour que chacun.e puisse s’identifier et se sentir bien dans sa peau.

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(A l’origine, un article que j’ai écrit en anglais et que j’ai développé : https://dracarya.wordpress.com/2017/07/26/s-n-lemoing-talks-about-the-problem-of-finding-a-book-cover/)

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Comment lire des ebooks ?

Re-merci à Evasion Livresque, Hello Books et Les Lectures de Sinabani Awa pour leurs jolies photos ♥

Bonjour à vous,

Un petit article qui change un peu pour vous donner le plus d’infos possible sur les livres numériques !

Eh oui, il y a encore beaucoup de lecteurs.rices qui me posent des questions à ce sujet. Ce n’est pas étonnant, les médias en parlent encore très peu (et de la lecture en général).

Comment peut-on lire un ebook ? Faut-il absolument posséder une liseuse pour en lire ?

En fait, c’est très facile, beaucoup plus qu’il n’y paraît !

Tout d’abord, les différents formats :

Les plus connus et plus utilisés sont : ePub, PDF et mobi.

En général, les sites proposent plutôt des ePub et mobi, et quand on fait son livre maison, pour plus de facilité, on l’enregistre en PDF.

Pour les liseuses, vous devez vous renseigner sur les formats pris en charge.

Si vous n’avez pas de liseuse, il y a un moyen très simple et gratuit : c’est l’application Kindle Amazon. Dans ce cas, vous n’avez pas à vous soucier du format !

Vous pouvez l’installer sur n’importe quel dispositif (votre téléphone portable, ordinateur, iPad, etc.), et ainsi, vous pouvez lire où vous le voulez, quand vous le voulez 🙂

En plus, grâce à l’application, vous pouvez facilement télécharger plus d’un million – oui, oui, ça laisse du choix ! – d’ebooks gratuits sur Amazon !

Les grands classiques sont disponibles aussi comme vous pouvez le voir. Si demain vous partez au fin fond du Guatemala et que vous vous dites « Tiens, je lirais bien Jane Eyre« , eh bien vous n’avez plus qu’à le télécharger sur le site 😉

Il y a aussi des offres et promotions ! Des romans célèbres qui sont offerts gratuitement durant quelques jours ou quelques heures, des promos à 0.99 euro, ou encore de longs extraits gratuits à télécharger si vous voulez en savoir plus sur un livre avant de l’acheter.

Et bien sûr, il y a le coin des indés : les auteurs.rices de l’auto-édition comme moi ☺

Même quand on adore le livre papier, un ebook ou une application de lecture, ça peut toujours dépanner !

Enfin, voici quelques liens avec des infos supplémentaires :

Youscribe : http://www.youscribe.com/page/ebook/comment-lire-ebook

Editions MKF  : http://www.editionsmkf.com/comment-lire-epub/

J’espère que cet article vous a été utile. N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez des livres numériques, si vous en avez déjà lus ou si vous avez rencontré des difficultés dans les commentaires.

C’est un domaine qui évolue toujours, les ebooks d’il y a quelques années n’étaient pas très au point alors que ceux d’aujourd’hui sont bien plus pratiques. Il ne peut y avoir que de l’amélioration ☺

 

CINEMA – « La Belle et la Bête » (2017)

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Bonjour, je vous préviens tout de suite, risque de spoilers si vous n’avez pas encore vu le film ! Je vais essayer de vous prévenir en modifiant la couleur du texte 😉

Disons que cet article est à mi-chemin entre une chronique et une analyse. Peut-être qu’on a l’impression que je ne suis pas tendre avec le film alors qu’en fait j’écris plus dans le souci de trouver des solutions, des alternatives qui auraient pu être utilisées. Visionnez-le avant de lire cet article, je ne voudrais pas vous enlever le côté féerique !

Belle est l’une de mes princesses Disney préférées ! Elle aime s’instruire, elle se fiche de ce qu’on pense d’elle, elle est courageuse, ne se laisse pas influencer, a de la compassion et elle veut mener sa vie comme elle l’entend (être libre). Il y a de quoi faire avec une telle personnalité, et c’est triste de voir qu’il y a eu aussi peu de personnages féminins de ce genre puisque dans la réalité, beaucoup de femmes et jeunes filles le sont également ! Et il y en a même encore plus qui l’ignorent, car la société ne nous encourage pas suffisamment à penser de cette manière.

Pour une petite note personnelle, je dois avouer que je m’identifiais pas mal à Belle pour le côté « fille bizarre qui ne s’intéresse pas aux mêmes choses que les autres enfants/petites filles ». Quand j’ai entendu la chanson pour la 1ère fois, je m’en souviens encore, c’était la première fois que je me sentais représentée quelque part. La Belle au bois dormant ou Blanche Neige avaient ce côté femme parfaite ou femme au foyer. On avait envie de suivre leurs histoires magiques, mais on ne se reconnaissait pas spécialement en elles. J’avais aussi aimé Ariel (encore une fille étrange qui collectionne des fourchettes qui plus est !), mais Belle cumulait pas mal de choses qu’on me reprochait.

Petite parenthèse : Et heureusement, depuis, on a enfin compris qu’il fallait arrêter de critiquer à tout-va sur le physique, la personnalité ou les deux. Au contraire, acceptons la différence 🙂

C’est dans ces moments-là qu’on voit à quel point c’est important de proposer des personnages diversifiés, pour que chacun.e puisse s’identifier au moins à un personnage à défaut de connaître d’autres personnes comme soi dans l’immédiat.

Pour le plaisir, et pour se remettre un peu dans l’ambiance, je vous mets la vidéo du dessin animé ici et celle du film !

Vous l’aurez compris, j’en attendais beaucoup de cette version live. Celle de Cendrillon était bien sympathique, elle avait rattrapé les « défauts » du dessin animé qui date de 1950, donc forcément, il fallait apporter une bonne dose de modernité aussi bien au niveau de l’histoire que des personnages. Par exemple, en nous présentant plus le prince charmant, en nous exposant ses intentions, en développant tout simplement le personnage, puisque dans le DA (dessin animé) on le voit à peine.

On a plutôt l’impression qu’elle tombe amoureuse d’un total inconnu, on ne pourrait pas vraiment le définir : quels sont ses défauts, qualités, ses passions ? Le mec aime danser, ok, et après ? 😀 Ce qui quelque part n’est pas complètement faux, puisque le mariage était moins une affaire d’amour par le passé, et plus un arrangement financier et/ou social. (Peut-être que j’écrirai un article sur ce film aussi).

Enfin bref, revenons-en à La Belle et la Bête. J’attendais le même genre d’amélioration quitte à s’éloigner du film d’animation. On peut dire que le film reste très proche de ce dernier dans la trame. Je vais donc commencer par les points positifs, d’après moi.

J’ai aimé le développement de certains passages comme ce que pensent les habitants du château. On éprouve encore plus d’empathie pour eux, on se représente mieux leur condition de prisonniers ; (spoiler alert) : l’intro où l’on découvre un peu le passé du prince, ou plus précisément, ce qu’il s’est passé le soir de la malédiction ; ce qui est arrivé à la mère de Belle. D’ailleurs, à ce moment-là, le fait que la Bête s’intéresse et cherche les indices avec elle aide à créer une complicité bienvenue entre eux. Sur ce coup-là, c’était réussi. Il y a aussi des clins d’oeil sympa à la communauté LGBT. Les acteurs ont été bien choisis et chantent très bien. Emma Watson est parfaite dans le rôle de Belle, Luke Evans en Gaston est vraiment très drôle dans ce rôle de macho narcissique. J’aime beaucoup Dan Stevens, mais je ne sais pas, je n’ai pas trop accroché pour le rôle de la Bête. Et puis pour tous les interprètes du personnel du château, on a la crème de la crème entre Ewan McGregor, Emma Thompson, Ian McKellen, Gugu Mbatha-Raw, etc. et mention spéciale à Audra McDonald, quelle voix ! Parfaite pour la cantatrice !

Les scènes de danse et chorégraphies sont bien réalisées également. Les décors et costumes sont splendides. Il n’y a rien à redire sur les qualités visuelle et sonore.

Là où ça pèche pour moi, c’est plutôt au niveau du scénario.
Dans l’ensemble, j’ai un peu eu cette impression de succession de chansons et le plus gros problème reste l’histoire d’amour.
On ne sent pas une vraie histoire naissante entre Belle et la Bête, et c’est là que j’aurais voulu que le film ne se loupe pas. Dans le DA, il y avait une ambiance particulière, on sentait le temps passer et l’histoire d’amour évoluer. Mais là, j’ai plutôt eu une impression d’instalove.

Parenthèse n°2 : Instalove – Au cas où vous ne connaîtriez pas cette expression, ça n’a rien à voir avec Instagram (quoique ?), c’est quand on s’emballe trop vite en amour, et ça, c’est rarement bon. C’est un trope (un thème ou un concept, par exemple la demoiselle en détresse est un trope) qui revient assez souvent malheureusement, car il est un peu dépassé. Ce n’est pas toujours bon de ressasser les vieux archétypes.

(Spoiler) : Et donc, contrairement au film, ce ne sont pas 2-3 blagues qui font que l’on tombe amoureux.se de quelqu’un en 5 jours (oui, le film se déroule en 5 jours le temps que les villageois viennent à la charge).
Et on sait peu sur ce que pense la Bête au final, (spoiler) : qu’est-ce qui le fait changer d’avis alors qu’il semble être resté le même depuis le soir de la malédiction ? De la même manière, comment peut-il changer en seulement 5 jours avec Belle alors qu’il lui parle à peine ?

Il faudrait que je revisionne le DA, pour voir dans les détails quelles scènes, quels dialogues ont fait qu’il s’adoucissait. Il me semble qu’il observait plus Belle, qu’il apprenait à la connaître indirectement en quelque sorte, et par la suite, c’est lui qui baissait sa garde, et elle après, en voyant qu’il devenait de moins en moins agressif et autoritaire. (Spoiler) : Dans le film, c’est un peu comme si ces passages avaient été coupés, ils se disputent, puis d’un coup il essaye de la faire rire quand ils sont à table.

Ca m’a paru trop rapide et facile. Après chacun.e voit les choses différemment, bien sûr !

Ce sont des subtilités scénaristiques que j’aurais voulu voir. Elles étaient plus présentes dans le DA. Peut-être qu’il aurait fallu s’éloigner de l’histoire à ces moments-là et trouver d’autres scènes pour créer une vraie intimité naissante entre eux. Même si après, ça se rattrape avec le point que j’ai mentionné plus haut en spoiler, par exemple : le fait qu’il l’aide dans sa quête personnelle. Mais c’est vraiment juste de tomber éperdument amoureux de quelqu’un parce qu’on vous a aidé une fois. Ca peut y contribuer bien sûr, mais c’est avec le temps, le soutien et en apprenant à se connaître l’un l’autre que viennent les sentiments les plus profonds.

En 1991, la sortie du DA, ça pouvait encore passer. Mais depuis, heureusement, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. L’amour, c’est plus complexe : on peut tomber amoureux de la mauvaise personne, celle avec qui on ne vivra pas heureux.se au quotidien même si on a eu des papillons dans le ventre en la voyant. Et ça, on ne peut pas le savoir si on ne connaît l’autre que depuis 3 jours ou juste avec un coup de foudre. Après, certain.es ont cette chance, je ne dis pas que ça n’existe pas 😉

Or, ça reste très très rare, et quand on sonde les personnes de notre entourage, ces couples sont bien minoritaires.
Ma conclusion : Le film a réussi son pari en restant proche de l’oeuvre, c’est un bon divertissement qui enchante et émerveille, mais si on creuse un peu plus, il aurait pu se dépasser en approfondissant la relation entre les personnages principaux.

Powerful – Chronique n°1

jsi qc

Un grand merci à la page québécoise “Je suis indestructible” pour le partage !

“Dans la majorité des romans les protagonistes sont masculins et les femmes sont souvent au second plan. Il y a récurrence de viols et autres situations où la femme semble « inférieure ». Et bien l’auteure tente de faire en sorte que tous les stéréotypes romanciers ne soient pas dans ce premier tome!

Elle est en auto-édition, un peu de vision n’étant pas de refus, nous partageons ici deux extraits dudit roman et également le lien pour l’acheter si jamais cela vous intéresse! Bonne lecture ”

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